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Dimanche 3 mars à l’église de la Madeleine – Lancement de la confrérie de Charité Notre-Dame du pays de Verneuil

Abscente de Verneuil depuis 1881, un groupe de Charitons vient d’être créé sur la Paroisse Ste Marie du Pays de Verneuil ce dimanche 3 mars en accord avec le Père Julien PALCOUX. Ce groupe interviendra principalement au cours des inhumations pour préparer l’église et soulager le Père PALCOUX, les sacristains, et les personnes qui accompagnent les familles; ils participeront au dernier Adieu au cimetière, mais en aucun cas, ils ne remplaceront les Pompes Funèbres sauf en ce qui concerne la prière.

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Jean-Pierre CHAMBON

Michel DESHAYES

Jean-Louis FLAMEN

Michel SYNAEVE

Jacques TROTIN

Les Charitons de Francheville :

René CAROUANA

Albert JAVELLE

Jean-François LE MENEZ

Confrérie de charité Notre-Dame du pays de Verneuil

 

Homélie de la messe du 3ème dimanche de Carême du Père Julien PALCOUX – Lancement de la confrérie de Charité Notre-Dame du pays de Verneuil

Frères et sœurs,

En ce 3ème dimanche de Carême, je ne surprendrai personne en vous disant que l’Evangile que nous venons d’entendre nous parle de l’urgence et de l’importance de la conversion. L’urgence de la conversion, car la sagesse évangélique nous apprend qu’il ne faut jamais remettre à demain ce qui peut être fait le jour même : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens pour avoir subi un tel sort ? » demandera Jésus à ses disciples. Et il continue : « Et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. » Autrement dit, tout le monde peut mourir à n’importe quel moment ; nul d’entre nous ne le sait. Ne retardons donc pas notre conversion ! Et l’Evangile nous parle aussi de l’importance de la conversion pour justement ne « pas mourir comme eux ». C’est donc sur ce thème de la conversion que je souhaiterais méditer avec vous ce matin, certains que nous avons tous des ré-ajustements à vivre à ce propos.

Et pour commencer cette méditation, je souhaiterais partir des exemples que Jésus donne lui-même, des exemples pris dans la vie ordinaire, des exemples qui sont l’expression de questions que nous nous sommes tous posées à un moment donné dans notre vie : il s’agit de la question du mal injuste qui tombe sur telle ou telle personne, il s’agit de la question du mal injuste qui frappe tel ou tel à travers une catastrophe naturelle, questions difficiles pour nous chrétiens qui croyons, envers et contre tout, en la bonté de Dieu et en sa bienveillance. Jésus prend donc 2 exemples, que l’on qualifierait aujourd’hui de « catastrophe naturelle » ou « d’accident ». Il s’agit d’un massacre de Galiléens commandité par Hérode d’une part et de la chute d’une tour sur 18 personnes d’autre part. Deux exemples de mort injustes qui auraient motivé les mêmes réactions chez les contemporains de Jésus que chez nous aujourd’hui : « Pourquoi eux ? » ou alors, si nous nous mettions à la place de ceux qui sont morts : « Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour mériter cela ? » La question du mal injuste qui frappe tel ou tel est toujours une question douloureuse et qui, la plupart du temps, met plus ou moins directement Dieu en cause : « Pourquoi Dieu laisse-t-il faire ? » Vous remarquerez que cette question que nous nous posons par rapport à Dieu sous-entend que cette réalité des choses s’oppose spontanément à l’image que nous nous faisons de Dieu, qui apparaît alors plutôt comme un Dieu bon, bienveillant, protecteur, qui veut le bonheur de ses enfants. Et cette question est encore plus délicate parce que souvent l’être humain cherche un sens, une explication, alors qu’il n’y en a pas forcément. Prenez par ex un tremblement de terre qui décime une population comme Haïti a connu…quelle explication pouvons-nous mettre en avant ? Alors, nous avons deux choix : ou bien, on s’enfonce dans une recherche de coupables, mais qui de toute manière ne permettra jamais aux gens de revenir, ou bien on accèpte qu’il y a dans notre monde, sur notre terre, un certain désordre, plus ou moins lié à l’homme, et qui frappe malheureusement deci delà. On touche ici la réalité de ce que l’Eglise appelle le péché originel qui, au-delà de la petite histoire d’Adam et Eve, pointe un désordre dans la création dû au péché de l’homme. Et, de ce péché, nous en sommes tous solidaires malheureusement. De la même manière qu’est inscrite au fond de notre nature humaine blessée cette accusation plus ou moins marquée de Dieu, responsable de ce qui nous arrive ou de ce qui ne devrait pas nous arriver ou encore de la même manière qu’est inscrite cette auto-accusation : « Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour mériter ça ? » « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres ? » ou encore : « Et ces 18 personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, étaient-elles plus coupables que les autres habitants de Jérusalem ? »

Et à chaque fois, la réponse de Jésus est claire : « Non.  Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. » Avant de passer à l’examen de cette parole de Jésus, voyez-vous, cette réponse nous dit l’importance de la foi qui vient nous aider à vivre toutes ces situations évoquées. Non, ces morts injustes ne sont pas des punitions de Dieu en raison de tel ou tel mal que nous aurions commis. Et il faut s’enfoncer cette vérité dans le crâne, car nous nous heurtons ici à quelque chose de profondément ancré dans notre humanité. Et seule la foi a la puissance de nous aider à convertir et à purifier ce vieux fond humain que nous traînons. 

Revenons maintenant à cette parole de Jésus : « Et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux. » Il y a deux manières de comprendre cette parole. Ou bien, Jésus veut dire que notre propre conversion nous mettra à l’abri d’une mort injuste. Ce qui n’est pas faux. Souvenez-vous de l’intercession d’Abraham auprès de Dieu afin d’éviter la destruction de Sodome. Mais, nous retombons sur la même question que plus haut : c’est qu’il arrivera que des personnes justes mourront de manière injuste. Alors, comment expliquer que des personnes justes soient épargnées et d’autres non ? Ou bien, il y a une autre manière de comprendre cette parole de Jésus, plus juste : il s’agirait d’une mise en garde pour ne pas mourir en état de péché , de non-conversion. Et effectivement, cette lecture est plus juste, et c’est cette compréhension que je vous engage à retenir. 

Intéressons-nous maintenant plus directement à l’attitude de Dieu qui nous est révélée dans les textes de ce jour. 3 images nous sont proposées.

La 1ère est tirée du livre de l’Exode où Dieu entre en dialogue avec Moïse pour libérer son peuple. Cet échange retranscrit les sentiments profonds de Dieu pour son peuple : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Egyptiens. » Dieu apparaît ici comme celui à qui rien n’échappe et en particulier des souffrances de ses créatures. Et il s’engage pour délivrer sa créature de sa souffrance. Cette libération que Dieu souhaite pour l’homme n’est autre que sa conversion. Trop souvent, voyez-vous, lorsque nous évoquons la conversion, nous la voyons comme quelque chose de rébarbatif, de difficile. Mais, même si ces aspects sont vrais, ce que nous oublions, c’est que la conversion est d’abord orientée vers une libération et vers un mieux. Certes, le peuple Hébreu est resté 40 ans dans le désert, mais au terme de ces 40 ans, il est redevenu libre et est à nouveau chez lui !

La 2ème image de Dieu nous est proposée dans l’Evangile. C’est ce vigneron qui va obtenir de son maître qu’il laisse encore une chance à son figuier pendant un an, afin de lui permettre, moyennant des soins adaptés, bêchage et fumier, de donner du fruit. Cette image nous montre que Dieu laisse toujours une chance ; que ce n’est jamais Lui qui ferme la porte. Au contraire, c’est l’homme qui souvent ferme lui-même les portes. Et Dieu les rouvre ! Frères et sœurs, c’est ainsi que Dieu agit avec nous. Dieu ne nous fermera jamais la porte jusqu’au dernier moment. Il nous donnera toujours une dernière chance. Quel modèle de patience et d’Amour !

Enfin, le 3ème image qui nous est donnée est celle de Dieu qui éduque son peuple à travers l’histoire de la traversée du désert. C’est St Paul qui rapporte cela aux Corinthiens dans la 2ème lecture. St Paul rappelle que le peuple de Dieu dans son intégralité a été sous la protection divine : ils sont sortis sains et saufs d’Egypte, ils ont été nourris et abreuvés physiquement et spirituellement au désert. Cependant, une partie du peuple n’a fait que récriminer contre Dieu : ils étaient mieux avant, ils mangeaient mieux, ils buvaient mieux. Eh bien, finalement, ceux qui récriminaient sont morts, et ils ne sont pas entrés en terre Promise. St Paul nous montre que Dieu nous éduque à travers les évènements de notre vie : non seulement, il le fait dans chacune de nos vies à travers les évènements heureux comme les évènements malheureux, mais il le fait aussi à travers un peuple qui a une histoire, le peuple Hébreu, et qui est aussi notre peuple et notre histoire.

Ces 3 images de Dieu nous révèlent que Dieu ne veut qu’une chose : c’est que sa créature soit heureuse, libérée de tout ce qui l’aliène, et qu’Il n’hésitera jamais à entrer dans les évènements de nos vies pour nous libérer et nous ré-ouvrir des portes lorsque nous les fermons. 

Ces différentes images nous amènent pour finir à nous interroger sur notre propre manière de vivre notre conversion et surtout sur la manière dont nous nous comportons envers les autres. Est-ce que nous facilitons ou permettons la conversion des autres ? Est-ce que nous nous soutenons dans nos efforts de libération les uns les autres ? Est-ce que d’abord, nous prions pour notre conversion et pour celle de nos frères et sœurs ? Est-ce que nous mettons tout en œuvre pour essayer de ré-ouvrir une porte lorsque quelqu’un la ferme ? Est-ce que nous acceptons jusqu’au bout de redonner une chance à l’autre ? Ces différentes questions que nous pouvons nous poser, nous ne pourrons y répondre en vérité que dans la mesure où nous faisons nous-mêmes l’expérience que c’est ainsi que Dieu agit dans chacune de nos vies. Demandons cette grâce au Seigneur pour chacun d’entre nous. Amen ! 

Au cours de la messe du dimanche :

Pour terminer cette homélie, je souhaiterais vous redire deux mots de la mission que vont assumer nos frères de charité à partir d’aujourd’hui où notre confrérie paroissiale va renaître après plus d’un siècle de sommeil : 108 ans pour la confrérie de Bourth, 132 ans pour la confrérie de Verneuil. Cela n’est pas rien ! Certes, ils vont rendre de précieux services ; je vais y revenir. Mais, je souhaiterais qu’on ne mette pas de côté, les qualités spirituelles requises pour ce service. Les textes que nous avons entendus aujourd’hui nous mettaient en avant la fidélité absolue de Dieu qui va jusqu’au bout et pour libérer l’homme et pour lui donner une dernière chance. Les frères de charité s’enracinent dans une profonde tradition de fidélité : fidélité à la vie de l’homme, qui passe par la mort, par le soutien et l’accompagnement des familles endeuillées, mais qui s’ouvre aussi sur la perspective de la vie éternelle fondée sur notre foi en la Résurrection de Jésus. Ce dévouement absolu des frères de charité s’est toujours vérifié, même lors des grandes épidémies de peste où les frères risquaient leur vie.

Dans un monde où le scandale du mal injuste frappe continuellement bon nombre de nos frères et sœurs, je pense aux maladies, mais aussi aux derniers enterrements de jeunes que nous avons célébrés dans notre paroisse, les frères de charité sont par leur présence d’abord, par leur action ensuite, le signe de la gratuité de Dieu, le signe de Dieu qui se rend présent de chaque souffrance. Dieu se rend présent ; il ne fait pas de grands discours, mais Il est là. Et puis, lorsque l’homme souffre, il a besoin de soutien et de réconfort : de paroles bienveillantes, d’attitudes gentilles. C’est un des rôles des frères de charité.

Alors, oui, frères et sœurs, vous allez les voir progressivement reprendre leur place dans les célébrations d’obsèques, dans les convois au cimetière. Vous les verrez en habit lors des fêtes paroissiales et des processions. Nous vivons aujourd’hui, excusez-moi mais c’est vrai, un évènement historique : car dans plusieurs siècles on reparlera du « réveil » de cette confrérie dans une partie du diocèse qui n’en a plus depuis longtemps ! plus de 100 ans ! Alors au-delà de l’aspect quelque peu évènementiel de ce que nous vivons aujourd’hui à Verneuil ce dimanche 3 Mars 2013, confions tout ce service au Seigneur afin qu’Il veille sur chacun de nos frères qui vont s’engager officiellement dans quelques instants et sur la fécondité du service qu’ils vont rendre dans l’humilité et la discrétion. Amen !

Père Julien PALCOUX

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